29 juin 2008
Fleurs fragiles

( Champs de fraises à Montepilloy, juin 08 )
Un dimanche champêtre, pas si loin de Paris, pour satisfaire une envie de coquelicots, de longues herbes et de grands espaces.
Les coquelicots se faisaient rares depuis quelques années, ils reviennent intensément avec les bleuets et les papillons.
30 mai 2006
Il y a vingt ans
Qu'on soit mélomane, musicien, simple consommateur de l'industrie du CD, auditeur radio, passif ou averti, la musique nous accompagne partout. Nous portons même certains airs définitivement imprimés en nous, devenus notre capital culturel plus ou moins conscient et choisi. Pour ma part, je n'écoute peut-être pas trés bien car la musique doit avant tout me servir: à se concentrer, s'inspirer, se booster, écrire, lire ou ne pas penser. Une seule a un réel pouvoir d'évocation pour un lieu bien précis, celle de "Johnny et Mary" de Robert Palmer. Je n'ai jamais fait attention aux paroles et je ne veux pas les savoir. Pour moi, cette chanson c'est une route qui longe indéfiniment la côte, dans la chaleur et l'éblouissement d'une fin de journée d'été, c'est l'odeur du soleil sur la peau et du sable dans les cheveux, c'est le sky brûlant, le bercement tranquille de la voiture qui prolonge le mouvement des vagues dans le corps. C'est un road movie sans fin, le vent chaud sur la figure et du doré plein les yeux.
25 avril 2006
Enfin !

( carte postale de Port-Bail vu du ciel)
Je donne les clefs à ma voisine, je coupe l'eau et l'électricité, j'arrive à résoudre le problème de géométrie qui consiste à embarquer dix toiles pas encore séches (en plus des bagages) dans une voiture ordinaire sans faire de catastrophe et je pars pour Cherbourg. Enfin !
Mon exposition se déroulera à Port-Bail, petit village de la côte, dans cette église du XIII située au bord du havre, du 27 avril au 4 mai. C'est, pour moi, un lieu plein de souvenirs, synonyme de promenades dominicales, de vacances, de baignades, de pêches mémorables, de fêtes et de mariages. A cet endroit beaucoup de passages, du tourisme discret et un grand calme dans un cadre hors du temps. Si vous passez par là, n'hésitez pas à venir me voir ;=))))
23 avril 2006
Côte ouest
Bientôt là-bas, sur la côte ouest du Cotentin. J'irai le soir sur ces immenses plages désertes, où, par toutes les saisons, il y a toujours à faire: baignades, pêches et marches interminables, sous les coups de soleil ou les coups de vent. Avec mes nièces on ira tâter l'eau du bout de l'orteil et si le temps est convaincant, peut-être se laissera-t-on tenter pour le premier bain de l'année ?
25 mars 2006
Des paradis perdus

( boulevard de la Saline, Equeurdreville, Manche )
J'ai été une petite Poucette, volontairement perdue et heureuse de l'être, qui effaçait soigneusement de sa mémoire la trace des chemins empruntés. Ma cartographie personnelle était remplie de lieux flottant dans l'espace comme des îles, sans repère ni route pour y parvenir. Fixée sur mes paysages intérieurs, je ne voulais rien voir du trajet entre le départ et l'arrivée. Et plus l'endroit me plaisait, moins je savais par quel chemin y aller. Je protégeais mes terres d'accueil en les isolant dans l'espace. Elles devenaient inabordables quand je n'y étais pas.
En passant conductrice les chemins sont réapparus d'eux-mêmes, et comme la mer en se retirant fait apparaître les méandres du sable, les routes absentes de ma cartographie sont apparues à la surface. Je découvrais que ma mémoire avait tout enregistré et qu'une boussole interne me situait toujours infailliblement dans l'espace. Je n'étais jamais perdue et je ne l'avais jamais été. Je me suis bien obstinée, les premiers temps, à ne penser à rien pour tenter de préserver mes paradis. Je négligeais les indications et les incitations à changer de direction pour filer tout droit. Mais à force d'attérir dans les cours de ferme, au bord des falaises ou au fin fond des champs j'ai fini par accepter de savoir où j'allais et de suivre la route.
Parfois, aux hasards des promenades ou des points de rendez-vous je croise des lieux agréables que je parviens à transformer en îles oubliées. Je les garde en mémoire en prenant garder de ne plus y aborder. J'attends qu'un jour on m'y conduise pour que je puisse y retrouver, intacte, cette sensation de lieux issus, et pour toujours, de nulle part.
11 mars 2006
Reprise
Mes petits déjeuners vont de nouveau être parfumés à l'essence de térébenthine. J'ai remis en marche le processus qui aboutit à une oeuvre peinte.
Cela commence par déchirer (avec plaisir) des torchons ou des vieux tee-shirts pour en faire des chiffons, assouplir les pinceaux durcis par le dernier nettoyage, ressortir les toiles vierges en stock, faire l'inventaire des couleurs restantes et manquantes, recycler enfin les pots de confitutres vides qui commençaient à prendre de la place. Puis choisir les musiques appropriées à la situation, passer en revue les photos, préparations, et débuts de travail pour se mettre en condition, faire un planning de production comme dans les sociétés de jeux vidéos. Enfin prévenir les amis qu'on ne va plus mettre le nez dehors et boucler les dernières paperasseries administratives en espérant que les suivantes ne viendront pas trop tôt. Je pars pour une série de marines, classiques et tempêtueuses, qui doivent remplir une église du XIIIème siècle pour dans deux mois. Mission impossible III, tadaaaa... c'est moi !
03 mars 2006
Là-bas

(Fort de la Hougue, St-Vaast, Manche)
On ne choisit pas de partir loin de ses racines, on ne choisit pas de séchapper. Aller voir comment on vit ailleurs, c'est comme prendre une grande respiration. Des gestes qui paraissent aberrants à la plupart ne sont, bien souvent, qu'une question de survie.
01 mars 2006
Répondeur

(route entre Bricquebec et Cherbourg, Manche, mars 2005)
Ça y est ! Je suis partie au vert pour quelques jours, dans le bocage normand, à l'affût de nouvelles photos et de textes inspirés. J'ai mis le blog en pilotage automatique. Faites comme d'hab, laissez vos petits mots dans la boite, je répondrais dès mon retour. A tantôt !
25 janvier 2006
Coincée
Ça y est, j'ai envie de déménager. Je viens de passer deux ans dans cet appart, l'envie d'aller voir ailleurs me démange. En 17 ans de vie parisienne, sept logements. Et si on compte cinq ans pour la première chambre de bonne sous les toits, 10m2 mansardés tapissés de tissus bleu, sans eau chaude ni douche et en couple, ça fait une moyenne d'un déménagement tous les deux ans. Donc, c'est le moment. Mais c'est à ce petit détail qu'on s'aperçoit que les temps ont changé. Autrefois, quitter son toit ou son boulot, chose que je faisais aussi tous les deux ans, était jouable. La quête du logement rêvé et du nouveau poste en vue étaient les sujets de conversation incontournables dans une soirée entre parisiens. Aujourd'hui....
Aujourd'hui on ne bouge plus. Trop de difficultés, trop d'angoisse, trop d'impossibilité aussi. Et moi la première, auparavant si frondeuse, je me retrouve complètement liée par des conditions matérielles inextricables. A tel point que j'ai envie de tout larguer et de partir. Quitte à ne plus rien avoir, autant faire les choses en grand.
Mais j'ai un côté trés sensé qui ne me lâche jamais tout à fait. Heureusement, pensez-vous ? M'ouais... Je me sens poisson rouge dans son bocal, ennuyée ennuyeuse. Ça me pèse, ce n'est pas moi. Ce tiraillement est pour moi le comble de l'insatisfaction. Il y a de l'orage dans l'air...
14 décembre 2005
On the road
(route quelque part dans le Nord)
Proposez-moi un voyage sans but, sans pittoresque ni guide touristique. J'ai le goût de l'errance façon bohème bourgeoise du XXème siècle. Tirer la route à la Kérouac juste pour le mouvement, pour les effets de flou dans les arbres et le filage des rambardes d'autoroutes. J'ai longtemps été une "Alice dans les villes": ne me dites pas où on va ni comment y va, ça n'a pas d'importance. Il n'y a que la route qui compte et le monde qui tourne autour. Pour moi l'errance n'est pas une fuite mais une mise en disponibilité. Etre loin des cartes c'est devenir réceptif à tout sans distinction, tout regarder pour donner à voir aux autres. Comme dans le film oublié de Wim Wenders "Jusqu'au bout du monde".








