20 janvier 2008
Point de vue

( Parc du château de Compiègne, janv 08 )
Ah les dimanches en hiver... les corbeaux qui croassent, la terre boueuse, les arbres austères, les ciels uniformes... Mais mettez une petite doudoune rose dans le paysage et tout est transformé.
22 novembre 2007
Toujours plus loin

( Portrait peinture photoshop et photo paysage, nov 07 )
Elle n'eut pas à passer devant lui. Ce lieu n'était pas fait pour les vivants. Endrys, la messagère, l'attendait pour l'aider à achever son voyage, et dans un souffle, la projeta dans un nouveau décor.
18 novembre 2007
Puis...

( Place des Colonnes, Cergy Pontoise, nov 07 )
De l'autre côté du passage, dans l'air pur et froid, un gardien comptait les arrivées des âmes nouvelles.
12 novembre 2007
... et alors

( Salle de l'abbaye du Mont St Michel, jan 07 )
Puis, monter tout au sommet, dans la salle aux grands pilliers où le soleil couchant éclairait, l'espace d'un instant, l'emplacement du passage vers le monde des morts, gardé par des esprits rieurs mais terribles.
10 novembre 2007
Conte d'automne (suite)

( Château de St Germain en Laye, nov 07 )
Il lui fallait retrouver le château abandonné en bordure de la forêt avant la tombée de la nuit.
13 février 2006
Crépuscule

( calvaire près de Pierreville dans la Hague, Manche)
Ce jour-là il neigeait sur la plage. J'avais senti le vent tourner bien avant de voir les nuages. Bien avant les mots je savais. Un silence, le ton de la voix un peu parti déjà. Il aurait fallu raccrocher. Les phrases ne sont alors que du remplissage, tout sonne faux, glissées en désaccord en si peu de temps.
Sous les yeux un chemin creux pour perspective, une haie d'épineux pour protéger des bourrasques. Au bout la falaise... Le vide s'est imposé, rempli de l'air glacé qui mord la peau. Du froid au bout des doigts, dans le souffle devenu court, dans les jours à venir passés soudain à l'agonie. Que choisir quand il ne reste rien ? Attendre un mieux, un matin où enfin, le geste qui, le jour où? L' attente, un lambeau de bois perdu en pleine mer auquel on s'accroche malgré tout. Car quand il ne reste rien c'est là que commence l'espoir du plus pauvre, celui d'un jour de plus.
Et je connais des pauvres qui, avec ce rien, garde encore le sourire.
13 janvier 2006
Mémorandum

( "Composite", image numérique )
Elle est apparue un matin, légère et fine, plus discrète que les autres. Plus torturée aussi. Ce n'était pas un lendemain de fête ni de bonheur, ni même un lendemain de bataille. Elle est venue se poser là, en souvenir d'une désillusion, pour une histoire qui ne peut même pas se raconter, terminée à peine commencée. Une histoire qui s'annonçait lumineuse mais qui s'étiola comme un voile de buée, après s'être gravée pour toujours dans la petite ride du coin de la bouche.
02 décembre 2005
L'ami de mon ami

De l’amant je me souviens de ses mensonges, du mari de ses envies d’ailleurs, de l’ami de ses regrets d’être trop ami. Pas un n’a eu l’élégance de s’oublier un peu. Si ce n’est l’ami d'ami, si léger dans ses caresses de chat quand il posait sa main sur mon bras.
Il avait pour mes caprices des tolérances de fille, d'un coup d'oeil relevait le détail nouveau, il m'a appris que le mauvais goût peut être un art, que le vert pomme se marie si bien au rose fushias, que l'angora n'est pas qu'une bête laine chaude. Et ses délires n'étaient jamais aussi grands que lorsque son insouciance s'approchait trop près des larmes. La douceur au masculin si plaisante aux femmes que les hommes, les autres, ne comprenent pas toujours.
27 novembre 2005
Jour de rien
Assise au fond du fauteuil, je suivais des yeux une tâche de lumière qui glissait sur le parquet. Depuis le début de l’après-midi, elle s’était déplacée du tapis au divan, décrivant une large courbe invisible rythmée par les effets de marqueterie et les meubles. Les heures venaient de passer comme cette tâche, imperceptibles dans leur mouvement. Lorsque le chat vint sauter sur mes genoux, je pris conscience de la fixité de mon regard et du relâchement musculaire de tout mon être abandonné. Je mis plusieurs minutes à me rassembler puis à me redresser. Si quelqu’un entrait... Ma réflexion s’arrêta là. Incapable de bouger davantage, je regardais les ombres s’allonger dans le jardin. Ma pensée s'éparpillait sur mille petites choses à faire. Les lourds voiles blancs remuaient légèrement. Ils se soulevèrent un peu plus et dans un mouvement de repli intérieur frottèrent sur le bois de la fenêtre. Leur bruissement monotone m’enferma davantage dans ma léthargie. Le temps n'avait plus court et c'était sans importance.
24 novembre 2005
Et pourtant
…..et pourtant il fait beau. Nous filons sur le périphérique sud. Devant nous grandissent les immeubles et l’impression exaltante d’être ailleurs, loin dans une ville étrangère. Nous allons voir des amis, j’ai des courses à faire, mais la même question revient toujours : pourquoi as-tu fait ça ?
Tu vivais dans la même ville, tu t’es promené dans ces rues, ces magasins. Tu as vu aussi ces perspectives futuristes, le soir, quand tu filais sur ta moto au milieu des embouteillages. On avait des amis en commun, des soirées, des phrases et des idées partagées. Mais quelque chose a fait qu’aujourd’hui j’apprécie la sérénité du ciel au-dessus de la cohue et pas toi.
Téléphoner ! Parler, te dire d’attendre, c’est seulement un mauvais moment à passer, après il fait toujours beau. Il faut juste tenir un jour de plus. Regarde, aujourd’hui c’est merveilleux, ça valait la peine de surmonter ces angoisses, non ?
... Trop tard... comment j’ai pu l’oublier ?
A quoi as-tu pensé dans les dernières minutes, qu’est-ce qui a basculé dans ton univers qui était presque le mien ? Est-ce que nous aussi nous côtoyons tous les jours ce manque qui, pour toi, a fait la différence ?
Elles sont bien amères les conversations que je me tiens à présent, bien pitoyables les belles phrases et les grands sentiments. Ils leur manquent un interlocuteur qui, sûrement, m’aurait écoutée sans que j’atteigne ses pensées. A te parler sans cesse, j’en oublie que ta vie n’était pas la mienne, que je ne pouvais pas en disposer. Et que tu es déjà du passé. Ton geste a dépassé nos petitesses. On ne sait pas tout dire, on ne peut pas tout expliquer mais on peut être par ce qu’on fait.
Je ne suis pas la seule à t’en vouloir. Tu nous as volé le plaisir de t’aider et la satisfaction imbécile de se dire qu’on t’aurait tiré d’un mauvais pas. Sauver une vie avec des mots ! Quelle gloire !
Car il nous reste seulement les « j’aurais pu, j’aurais dû». Tout s’arrête là. On n'a rien vu, rien senti et rien compris. On t’en veut car tu as fait un choix qui n’est pas le nôtre, nous qui restons à faire l’effort de tenir jour après jour. Tu n’as pas été solidaire sur ce coup là, tu te l’aies joué perso comme diraient certains.
Grâce à toi je n’ai plus de souci, juste un poids énorme qui m’écrase. Mais il faut savoir être beau joueur, surtout quand on a beaucoup perdu. Va donc, et puisque c’est ce que tu as voulu, je n’ai plus rien à en penser.




