13 juin 2008
Ames sensibles...

( exposition "L'Ange de la métamorphose"
"L'artiste se vidant de lui-même", Jan Fabre, Louvre Paris juin 08 )
J'adore aller au Louvre car il y a toujours quelque chose à voir : une galerie réouverte, une nouvelle exposition, un petit coin exploré il y a longtemps. Ce dimanche j'avais porté mon choix sur la peinture du Nord, coincée au bout de l'aile Richelieu lorsque, arrivée en haut de l'escalator, je tombe sur ce personnage, lui-même le nez écrasé sur une oeuvre. Fichtre ! Ça m'a fait froid dans le dos ! Mais cet autoportrait de l'artiste néerlandais Jan Fabre n'était qu'une introduction à son exposition. Au milieu des vanités hollandaises du XVII siècle, il a créé "un nouveau modèle pour l'Humanité qui serait enfin libérée de sa condition matérielle transitoire et des blessures historiques du Christ par la métamorphose". Ses installations, faites de milliers d'élytres de scarabées, d'os, de croix, mais aussi de têtes de chouettes terrifiantes, d'un paon dans un cercueil et d'une salle remplie de pierres tombales avec l'artiste en ver "le plus grand du monde" tentant de survivre au passé, renvoient fatalement à la mort. Mais cela est évoqué d'une manière tellement nette et symbolique que le parallèle avec les œuvres des maîtres anciens se fait de lui-même. Un parcours de memento mori ("souviens-toi que tu vas mourir") difficile à oublier... et à regarder pour certains.
A voir aussi chez P@sc@l

( exposition "L'Ange de la métamorphose",
pigeons en verre de Murano, Jan Fabre, Louvre Paris juin 08 )
20 mai 2008
Dernièrs jours !
Oyé oyé amis blogueurs ! Derniers jours pour mes enchères de peintures !
Déjà sept ventes en cours (et quelques unes encore à venir). Les mises à prix vont de 10 € pour les petits formats à 60 € pour les plus grands (hors livraison Chronopost). Pas de quoi se ruiner ! Moins cher qu'un bouquet de fleurs pour maman... et ça dure plus longtemps !
Pour expliquer cette "braderie"qui étonne beaucoup : il faut parfois tourner la page de manière radicale. Et comme je n'ai pas un sentiment de propriétaire vis à vis de mes productions, je n'ai pas de regret à les vendre si peu cher, chose qu'on ne peut pas faire dans une expo (coût de transport, d'installation, d'information, de location et autres détails... et surtout manque de crédibilité si ça a l'air donné).
Voici le hit parade des peintures préférées :
dans la catégorie "Reproductions"

( Peinture à l'huile "Sur la plage de Biarritz" d'après Sorolla)
et

( Peinture à ll'huile "Panier de pêches" d'après Chardin )
Dans la catégorie "Marine":

( Peinture à l'huile "La dune")
et

( Peinture à l'huile "Les pas")
Et dans la catégorie "Paysages":

( Peinture à l'huile "L'orage" )
et

( peinture à l'huile "Les marais" )
12 mai 2008
Vente privée.moi

Lydiel - http://www.artmajeur.com/lydiel
Peinture de la plage de Siouville, l'un de mes lieus préférés de baignade lorsqu'on arrive à se faufiler entre les véliplanchistes, surfeurs, body surfeurs et sky surfeurs.
Au fait, je fais mes enchères privées !!! En prévision d'un grand tournant pictural, je fais table rase de mon travail passé.
Alors rendez-vous sur mon site. C'est l'occasion d'avoir une vue d'ensemble de mes peintures (du moins ce qui me reste) et, pourquoi pas, de (se) faire plaisir à petit prix. Osez afficher vos goûts culturels sur le mur du salon !
( Bien sûr, les originaux sont toujours mieux que les photos, mais les photos, prises et réglées par mes soins, sont assez fidèles aux originaux).
08 mai 2008
Vert de ?

( Parc de l'île St-Germain, Issy-les-Moulineaux, avril 08 )
Bientôt je vais me coltiner avec le vert. On dit "le vert" et on pense à l'herbe, aux feuillages, aux collines, aux champs, toute cette diversité qu'on englobe dans une belle unité sans voir que ce vert est fait d'une multitude de nuances. Et à cette unité trompeuse viennent s'ajouter les reflets du ciel, plein de bleu, et de la lumière, qui n'est pas toujours blanche. Bref, son rendu me pose problème... et en plus j'aime pas l'vert...
07 mai 2008
Le printemps à Paris...

... fleurit sur les voitures ! Grâce à Claire. A l'aide d'une colle faite d'eau et de farine, de renoncules et d'une bonne dose de patience, pétale par pétale elle pétalise le monde. Oeuvres éphémères pleines de douceur qui durent ce que durent les fleurs sous l'action du vent, de la pluie et du temps qui passe, sa pétalisation concernait jusqu'à présent l'humain et le végétal. Elle s'étend maintenant à l'urbain.
Donc si vous souhaitez participer à une œuvre contemporaine, prétez-lui votre vélo, votre voiture, votre entrée d'immeuble. Et du bout des doigts, tout est transformé !
(pour voir d'autres réalisations,ici)


21 octobre 2007
Art en liberté sur pelouse interdite

(FIAC 07, jardin des Tuileries, oct 07)
A l'inverse de Lunettes rouges, je commence par cette scène que l'on peut voir de manière :
— rigolote : "Dois-je ou pas jeter cette boulette de papier chiffonnée ?"
— mal embouché (mais politiquement correcte ;=) : "Dégage de là, tu fais tache sur ma photo !"
— juste ironique : " Un balayeur noir qui s'interroge sur l'art contemporain.Pfff..."
En réalité, (le bloc représentant un article de presse en langue arabe) le balayeur était absorbé par sa lecture qu'il a complaisamment traduite aux parisiens toujours avides de savoir.
Le lieu et le beau temps se prêtaient magnifiquement à la découverte des quelques artistes exposés aux Tuileries dans le cadre de la FIAC. Et les réactions diverses que les œuvres suscitaient étaient, bien souvent, à la mesure des interrogations qu'elles soulevaient.

(FIAC 07, jardin des Tuileries, oct 07)
Pour une vision plus complète et détaillée de la FIAC je vous renvoie encore chez Lunettes rouges. Pour ma part, le prix d'entrée exorbitant réclamé cette année m'a dégoutée. Naïve que je suis, j'oublie toujours que la FIAC, ce n'est pas des artistes qui s'exposent, mais des marchands qui cherchent à vendre à une catégorie sociale élitiste et largement aisée (à ce niveau-là, on ne parle plus de population qui est globalement synonyme d'ignorance et de gagne-petit). A tous ceux qui sont complexés devant une œuvre d'art, rassurez-vous : il ne s'agit plus de ressentir quelque chose ou d'en tirer une explication digne d'un mode d'emploi en langue japonaise. Il suffit juste de pouvoir répondre à cette question : "Cash ou American Express ?"
16 octobre 2007
Ils sont parmi nous (suite)

( "Calamita Cosmica" de Gino De Dominicis, Versailles, oct 07 )
En réponse au challenge de P@sc@l, j'ai trouvé cette trace d'un être venu d'ailleurs, plus impressionnant ( et visible !) que l'extraterrestre de Roswell.
Ce géant de 24 mètres et 8 tonnes, hélas déjà reparti dans les limbes, était doté d'un long nez pointu ( en référence aux origines de son créateur, donc à la Comedia del Arte ??? ). Alors, "sinistre, atroce, horrible" comme l'ont qualifié les Versaillais scandalisés, ou "insolite, symbolique, interrogatif" comme semblaient penser les touristes qui l'ont particulièrement apprécié pour la fantaisie qu'il apportait à leurs photos ?
D'autres photos de cette oeuvre sur Flickr
21 septembre 2007
Des milliers pour une seule

(La pyramide du Louvre, photo de Corinne Vionnet)
Une réponse possible aux amis photographes sur l'idée de LA photo, celle que l'on distingue, que l'on sent sans commune mesure parmi toutes celles qui défilent régulièrement sous nos yeux.
Il s'agit ici du travail d'une amie artiste photographe, Corinne Vionnet. En fait, elle n'a pas fait une photo époustouflante. Elle a juste réfléchi sur une idée simple : la photo touristique. Qui n'a pas voyagé sans prendre un cliché du monument ou du lieu représentatif du pays visité ? La réponse est sur le net : tapez "Tour Eiffel", "Tour de pise" ou n'importe quel nom de monument connu et vous serez submergé par le nombre de clichés. Surtout, ils auront ceci de particulier d'avoir été pris sous le même angle, presque au même endroit. Des milliers d'intentions, de gestes et de souvenirs semblables qui sont une seule manière de dire "j'étais là moi aussi".
Corinne a donc collecté sur le net, pour chaque lieu statisquement les plus connus, une cinquantaine de clichés. Elle les a superposés pour, au final, obtenir une seule photo. Du cliché ordinaire on est passé à l'essence même de la représentation de chacun de ces lieux, devenus dans notre mémoire collective, des symboles.
Une idée et un résultat "géant" qui mériterait de voyager partout dans le monde. Car finalement, ce travail unique et cette idée magnifique, c'est aussi le travail et la vision de tous. A l'heure de la pensée universelle, voici la photo universelle.
(Pour un texte plus développé, cliquez sur infos)
12 mai 2006
"On va voir les vaches ?"

( La Cowparade à Paris. La vache de Chantal Thomass, avenue François 1er)
Quand je reviens de Normandie il me faut toujours un temps de réadaptation à Paris. Réapprendre à marcher dans la rue sans se faire halpaguer, à se faufiler sans heurt dans une foule, à respirer sans y penser les émanations du métro, des voitures, des poubelles et des gens parfois. Composer avec le meilleur et le pire pour se dire, finalement, qu'on pourrait être plus mal ailleurs. Mais cette fois deux éléments m'ont aidé à sortir de ma tanière: le beau temps et les vaches.
Heureux mariage que ce défilé de vaches multicolores éparpillées dans les rues de Paris sous un soleil enfin bien réel. Cette Cowparade est une manifestation d'art contemporain qui a plusieurs mérites: elle est internationale et collective, elle fait descendre l'art contemporain de son piédestal en le rendant abordable, c'est gratuit et rigolo. Bon, l'aspect art contemporain vole plutôt aux ras des paquerettes, car la plupart des oeuvres ne dépasse pas le stade de l'objet décoratif, mais ces autres mérites suffisent à fermer les yeux : c'est fun, sympathique et désintéressé puisque l'argent de la mise aux enchères finale ira à l’Africa Alive Foundation, qui se bat contre la malnutrition et le SIDA en Afrique, et pour le Programme Alimentaire Mondial.
En deux heures de marche j'ai donc croisé la route de 31 vaches, debout, couchées ou broutant. Il a fallu louvoyer entre les motos et les scooters garées jusque dans leurs pattes, le mobilier urbain envahissant, les ouvriers, les collectionneurs du rond point des Champs Elysées et les badauds qui s'arrêtaient pour tailler le bout de gras en s'appuyant presque sur leurs flans. J'ai négocié mon temps de pose avec la mamie dubitative armée de son argentique, le professionnel, plus lent, avec tout son matériel, les touristes qui se marraient et beaucoup de parisiens venus consciencieusement, comme dans une salle d'exposition, faire le tour de chaque vache et lire chaque notice associée. Et si j'ai retenu celle de Chantal Thomass, installée dans la rue des grands noms de la couture, c'est parce qu'au moment où je prenais la photo, une jeune femme bien habillée est passée est disant "C'est une honte, vraiment!". J'en ai déduit qu'elle devait porter ce genre de dessous et qu'en voir une vache affublée la perturbait grandement. Moi je l'aime bien, cette petite vache déjà abimée par d'autres mal-pensant, c'est l'une des plus fantaisistes que j'ai vue aujourd'hui. Mais il m'en reste encore plus de 120 à trouver.
plus d'infos sur: http://www.vach-art.fr
21 avril 2006
Il faut conclure

(photo prise par un ami au réveil)
On me demande souvent comment je travaille, combien de temps je passe sur une toile et surtout qu'est-ce qui est le plus difficile à faire. Questions insolubles car je n'ai pas de méthode à mettre à plat, je n'ai aucune notion du temps quand je travaille et le plus difficile n'est pas dans ce qui se fait.
Le plus dur, dans la création mais aussi dans toutes les formes d'action personnelle, c'est de terminer, de conclure le parcours et de se dire enfin: "C'est bon, c'est fini". Déjà, comment savoir si c'est fini quand il n'y a ni critère de validation, ni attente, ni échéance? Comment oser affirmer que le travail est abouti ? Et puis cela signifie que, puisque c'est terminé, il faut passer à autre chose. On n'est plus tranquille tout seul bien au chaud avec sa petite idée. Car une fois que la dernière touche est mise, elle ne nous appartient plus. L'oeuvre, ou la démarche, quitte le cocon confortable de notre intériorité pour être exposée, critiquée, rejettée ou enlevée. On commence dans l'exhaltation, on continue dans l'effort mais on traine à finir car l'achèvement met en situation de risque. On se met au pied du mur et forcement on risque l'échec. L'impossibilité de finir quelque chose est souvent vécue mais mal interprétée. On préfère dire "Je n'ai pas eu le temps, ce n'était pas intéressant, il me manque l'argent pour..." et des tas d'autres raisons qui cachent la vérité: la fin fait tomber le masque qui nous révèle... et ça fait peur.




