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( exposition "L'Ange de la métamorphose"
"L'artiste se vidant de lui-même", Jan Fabre, Louvre Paris juin 08 )

J'adore aller au Louvre car il y a toujours quelque chose à voir : une galerie réouverte, une nouvelle exposition, un petit coin exploré il y a longtemps. Ce dimanche j'avais porté mon choix sur la peinture du Nord, coincée au bout de l'aile Richelieu lorsque, arrivée en haut de l'escalator, je tombe sur ce personnage, lui-même le nez écrasé sur une oeuvre. Fichtre ! Ça m'a fait froid dans le dos ! Mais cet autoportrait de l'artiste néerlandais Jan Fabre n'était qu'une introduction à son exposition. Au milieu des vanités hollandaises du XVII siècle, il a créé "un nouveau modèle pour l'Humanité qui serait enfin libérée de sa condition matérielle transitoire et des blessures historiques du Christ par la métamorphose". Ses installations, faites de milliers d'élytres de scarabées, d'os, de croix, mais aussi de têtes de chouettes terrifiantes, d'un paon dans un cercueil et d'une salle remplie de pierres tombales avec l'artiste en ver "le plus grand du monde" tentant de survivre au passé, renvoient fatalement à la mort. Mais cela est évoqué d'une manière tellement nette et symbolique que le parallèle avec les œuvres des maîtres anciens se fait de lui-même. Un parcours de memento mori ("souviens-toi que tu vas mourir") difficile à oublier... et à regarder pour certains.

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( exposition "L'Ange de la métamorphose",
pigeons en verre de Murano, Jan Fabre, Louvre Paris juin 08 )