Jardin_des_tuileries

( Jardin des Tuileries, Paris, janv 08 )

La mondialisation se lit dans nos silhouettes... mais se remarque surtout de loin. En regardant la foule du haut de la grande roue, place de la Concorde, je me demandais à quoi celle-ci pouvait ressembler du temps des crinolines, des hauts-de-forme, des bottes, des capes et des épées, et des costumes traditionnels. Les vêtements, qui étaient autrefois qualifiés de folkloriques, étranges, ridicules, magnifiques ne racontent plus les particularités culturelles mais l'aliénation économique vers laquelle nous avons glissé.De loin, cela donne maintenant des silhouettes unisexes, essentiellement sombres (couleur de l'hiver), fuselées du bas (prédominance du pantalon) vaguement massives du haut (manteau, doudoune, cardigan) surmontées d'un point noir sans panache. Ce qui nous habille ne montre plus la diversité ethnique mais une uniformisation qui nous rend tous semblables. Bien sûr, il y en aura toujours qui éprouveront la nécessité de se démarquer du commun. Afficher des accessoires notoirement coûteux, comme une montre de marque et des bijoux clinquants, peut paraître le meilleur moyen de se distinguer. Mais cet étalage de vitrine est aux antipodes du résultat souhaité. La vraie particularité, celle qui échappe au mauvais goût et à la vulgarité, ne s'achète pas : on la porte en soi.
( Pour un exemple rigolo de fashion décalée, allez voir chez l'ami Francis)