Breizh

(Défilé Breizh Touch sur les Champs-Elysées, sept 07)

La région Bretagne est venue se montrer à Paris. Le but de ce festival de trois jours était de mettre en valeur son dynamisme économique. Au final elle a défilé sur les Champs-Elysées dans tout le déploiement de son folklore entraînant derrière ses groupes, d'autres, venus d'Ecosse, d'Irlande, du Canada et d'Espagne. Une ambiance à réveiller les morts, propre à ranimer l'enthousiasme des bretons de la capitale. 
J'ai un nom breton, une branche de la famille faite de pêcheurs dans la plus pure tradition, et une éducation musicale basée sur le biniou et la cornemuse. Pourtant, malgré mon goût pour le folklore, les légendes et les particularités régionalistes, quelque chose m'arrête dans l'intérêt que je porte à cette région. A fréquenter de près les Bretons, on sent, dans le fanatisme dont ils entourent leurs racines, comme un regret fortement teinté d'amertume mal définie. Mais après quoi soupirent les Bretons ? Après leur passé de région pauvre ? Après leur langue pourtant pas encore disparue ? Après leurs paysages régulièrement envahis et dénaturés par le tourisme rémunérateur ? Ceux qui partaient au loin, autrefois, avaient au coeur la nostalgie du pays. Les Bretons d'aujourd'hui ont la nostalgie collée à la peau, comme si la Bretagne n'était rien de moins que le paradis perdu. Un sentiment curieusement persistant et en contradiction avec leur désir de modernité.