Galerie

(Galerie du Palais Royal, mai 07)

Le cliché veut qu'avec le temps on reste capable d'assumer ce qu'on a fait. Qu'il n'y ait pas, dans les recoins de la mémoire, de fautes impardonnables, d'actes impossibles à oublier, de paroles désastreuses. On voit comme un idéal de rester sans tâche, d'avoir, selon l'expression, mené honnêtement sa barque. Mais n'est-ce pas plutôt tout ce qui n'a pas été fait qui devient lourd à porter, tout ce pour quoi on était doué au départ et qui, au fil de nos histoires compliquées, s'est trouvé embourbé dans nos marécages intérieurs ? Celui qui s'est fourvoyé dans l'action n'est peut-être pas tant à plaindre ou à incrimer que celui qui n'a rien tenté. Car celui-là est une victime sans malheur, sans bourreau et sans sauveur autre que lui-même.