Monologues d'une blonde

cliché d'un jour et réflexion variable

26 juin 2006

Tchao !

bisquine1
( bisquine dans la rade de Cherbourg, juillet 2005)

Les programmes passent en mode rediffusion, la machine administrative en vitesse de croisière, les bus ne vont pas tarder à s'espacer de plus en plus et les services en tout genre à se ralentir. Changement de rythme général. C'est l'occasion de rompre un temps avec les petites habitudes. Je mets donc les voiles. Pas définitivement, holàlà ! mais sans date précise de retour.
Oubliez-moi joyeusement, je saurai bien me rappeler à votre bon souvenir le moment venu ;=)))

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23 juin 2006

Jour de fête

etang
( étang de Côye-la-Forêt, Oise)

En revenant du Divan du Monde, le soir de la fête de la musique, la foule, sur les trottoirs et les terrasses, m'a rappelé à quel point j'apprécie peu la bousculade, la consommation par manipulation et les grands rassemblements. En parisienne, j'allais râler contre cette agitation imposée auquel je participais, lorsque je me suis souvenue qu'on était enfin en été. Et l'été, dans les campagnes, se fêtait par les feux de la Saint-Jean. Danses, musiques et chants, qui marquaient une nuit d'amour libre (cf le film "Andréi Roublev" de Andreï Tarkovsky) étaient au programme bien avant les nôtres. Fête païenne à l'origine, récupérée par l'Eglise, elle exprimait le besoin de marquer le solstice et toute la valeur symbolique qui s'y rapporte. Et l'enthousiasme citadin, maintenant quasi planétaire, ne fait, finalement, rien d'autre que prolonger cette tradition. Sauf que les feux de la rampe ont remplacé ceux de paille. Mais ils sont toujours de joie.

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21 juin 2006

Ainsi va

eau

De goutte en flaque, de mare en étang, du lac à la rivière et du fleuve qui mène à l'estuaire, l'eau stagnante se transforme en murmurante, puis enfle son cours pour devenir une force libre. De calme elle passe joyeuse, cristalline devient tumultueuse, moins transparente, plus grondante, qui emporte ou rejette ceux qui viennent se mirer dans ses ondes. Et destructrice aussi, pour peu que l'on cherche à entraver son élan.

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17 juin 2006

Rêve d'uniformité

nuages

Des amis, partis vivre au loin dans les îles, ont réalisé le rêve de beaucoup: passer ses jours sous un ciel d'un bleu immuable. Bonheur symbolique aux pays des merveilles, parce que, comme le suggèrait la chanson d'Aznavour,"la misère serait moins pénible au soleil"? Et les difficultés se vivraient avec plus de légèreté en plein été ? Je leur disais préfèrer les ciels tourmentés, l'approche de l'orage et le coeur des tempêtes. Qu'on vit plus fort dans l'oeil du cyclone qu'au bord du paradis. Maintenant qu'ils ont goûté au plein soleil permanent, mes amis en viennent à regretter, parfois, les aléas du ciel. Comment ça ? Trop de bleu lasse, trop de pareil ennuie ? Heureusement que la météo échappera toujours à toute forme d'uniformisation... du moins je l'espère.

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15 juin 2006

C'est la fête !

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( "La féerie électrique" au musée Grévin )

Le signe de l'été à Paris ? La vie des voisins en direct live. La chaleur a pour conséquente immédiate l'ouverture en grand des fenêtres, et là c'est la fête tous les jours. On partage les conversations profondes des diners entre amis, les soirées reaggae-fumette, les scènes de ménage, les cris du nouveau-né, les gosses qui se battent dans des apparts trop petits, les conflits entre proprios et locataires. Parfois aussi les règlements de comptes acerbes entres potes pas clairs et les ébats sulfureux d'un couple expressif qui échauffe le sang de l'ensemble du voisinage. Le tout rythmé par les réveils-matin, la diversité des sonneries de portables, les radios, les chants à cappela du dessus et le piano du dessous. Et les hurlements des matchs de foot. Tout un monde par le petit bout de la lorgnette. Je n'ai vraiment pas besoin de télévision.

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13 juin 2006

Aurait-on perdu la guerre?



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( "Andromède" de Tamara Lempicka et Kate Moss)

Si je vous dis "grand(e), blond(e), mince, musclé(e), physique parfait" vous pensez aux mannequins et aux conseils des magazines, puis au reflet du miroir et donc, inévitablement, "Bientôt la plage, vite ! au régime!".
Et si j'ajoute à cette liste "race dominante", ça ne vous rappelle rien d'autre ? Il y a soixante dix ans environ, un homme, déjà, tentait de remodeler l'humain selon un idéal de beauté afin de créer une lignée modèle, synonyme de puissance. Les idées étaient curieusement les mêmes qu'aujourd'hui : sport, minceur, beauté corporelle, santé, supériorité. Sauf que l'application était radicale. Aujourd'hui on utilise régime et chirurgie mais le résultat est le même: sélection et élimination. Psychologiques, bien sûr, mais bien réelles. Il a gagné finalement.
C'est excessif ? Pourtant d'années en années on mesure l'ampleur de ce triste conditionnement. La normalisation de l'apparence est une obsession générale. On tend vers une mondialisation de la taille des seins et du tour de taille avec son lot de conséquences plutôt sinistres. On est en pleine fabrication d'une race de clones consentants, véhiculant un idéal illusoire de bonheur et de réussite.
Alors pour vous aérer la tête et renouer avec la beauté du volume sophistiqué et glamour, allez voir l'exposition sur l'oeuvre de Tamara Lempicka à Boulogne. Devant ces femmes langoureuses et charnues, on se dit que, vraiment, il ne peut pas y avoir de plaisir de la chair sans chair. Et pour atteindre la légèreté de l'être, qui libère le corps, il faut savoir cultiver l'abandon, qui n'a jamais rimé avec restriction.


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11 juin 2006

La grande classe

Je vais me permettre un écart de conduite. Une suite de circonstances m'a rappelé un bien agréable souvenir de travail. Un jour de déconcentration générale, des collégues m'ont fait découvrir un film devenu rare puisqu'il n'existe pas en VHS ou DVD: "La classe américaine", ou "Le grand détournement", fait à partir d'extraits de films remontés et redoublés, écrit et réalisé par Michel Hazanavicius et Dominique Mézerette, et diffusé sur Canal+ en 1993.
Le film, en multiples flash-back, parodie "Citizen Kane" d'Orson Welles. Il débute avec la mort tragique de l'homme le plus classe du monde, George Abitbol (John Wayne) lors d'une croisière dans l'atoll de Pom Pom Galli. Les journalistes Dave (Paul Newman), Peter (Dustin Hoffman) et Steven (Robert Redford) enquêtent sur ses dernières paroles : « Monde de merde».
J'ai retrouvé quelques extraits sur la toile qui vous donneront une idée du film à peu prés dans l'ordre, mais difficile à suivre quand même. Surtout qu'il n'y a rien à comprendre. Prenez le temps, il n'y a pas d'équivalent dans le genre. Dérision, 36ème degré et humour gras au rendez-vous. Ame sérieuse s'abstenir.
( Mon préféré c'est l'indien qui veut manger des chips. A vous de voir ;=))
"Début"
"L'enquête"
"Le meilleur"
"La fameuse "ouiche lorraine""
"Mal au bide"
"La femme qui dit oui"
"Des vaches et une histoire d'amour"
"Sacré Franky !"
"La promenade avec Dave et Steven qui chante"
"Julien Lepers"
"L'ex"

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09 juin 2006

Un exemple

terre

La nuit, la carte étoilée du ciel qui contient le passé et fait rêver le futur. Et de l'autre côté notre présent, dessiné dans la cartographie humaine, avec la répartition des forces en présence qui brillent dans l'ombre.
Prendre de la distance pour mieux appréhender la réalité: j'aimerais savoir comment les cosmonautes voient les choses, une fois revenus sur terre ?

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07 juin 2006

Vu de loin

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( Côte du Val de Saire vue depuis le phare de Gatteville, Manche)

Pour voir quelque chose correctement, on a, bien souvent, le réflexe de s'en rapprocher jusqu'à avoir le nez collé dessus, comme les visiteurs d'expositions qui s'obstinent à scruter la peinture dans la fibre de la toile et non pas dans sa globalité. Le "Comment s'est fait" l'emporte toujours sur le "Pourquoi c'est fait". Comme pour tous nos petits et grands problèmes. On tourne autour pour les comprendre, les contenir, trouver l'origine du mal en les regardant droit dans les yeux. En étant au plus près on finira forcement par toucher la vérité. Mais plus le problème est important, plus sa racine est conséquente et c'est là qu'un regard extérieur voit souvent plus juste que toute notre bonne volonté. Réussir à lâcher prise... Savoir prendre de la hauteur, du recul, de la distance. Prendre l'air aussi. Et le temps. Partir, finalement, encore une fois. Pour mieux revenir.

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05 juin 2006

Dépendance

de_jeuner
( petit déjeuner à Curcy, août 1999)

Cette photo pour me souvenir qu'il y a des dépendances pernicieuses, car c'était bien la peine d'avoir échappé à certaines et de m'être sevrée de quelques autres pour, aujourd'hui, me retrouver prise viscéralement par une nouvelle.
Je vais donc renouer avec le roman lu au saut du lit. Après réflexion je vais reprendre aussi le livre de SF du midi. Et puis sûrement l'essai de quatre heures. Le bon classique du soir redeviendra, lui aussi, indispensable. Quatre livres plus quelques feuilles et des broutilles dans une journée, c'est le bon ratio pour faire barrage aux curieux besoins générés par internet... que j'irai voir tout de même d'un oeil, pour visiter vos blogs °=)

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