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( "Andromède" de Tamara Lempicka et Kate Moss)

Si je vous dis "grand(e), blond(e), mince, musclé(e), physique parfait" vous pensez aux mannequins et aux conseils des magazines, puis au reflet du miroir et donc, inévitablement, "Bientôt la plage, vite ! au régime!".
Et si j'ajoute à cette liste "race dominante", ça ne vous rappelle rien d'autre ? Il y a soixante dix ans environ, un homme, déjà, tentait de remodeler l'humain selon un idéal de beauté afin de créer une lignée modèle, synonyme de puissance. Les idées étaient curieusement les mêmes qu'aujourd'hui : sport, minceur, beauté corporelle, santé, supériorité. Sauf que l'application était radicale. Aujourd'hui on utilise régime et chirurgie mais le résultat est le même: sélection et élimination. Psychologiques, bien sûr, mais bien réelles. Il a gagné finalement.
C'est excessif ? Pourtant d'années en années on mesure l'ampleur de ce triste conditionnement. La normalisation de l'apparence est une obsession générale. On tend vers une mondialisation de la taille des seins et du tour de taille avec son lot de conséquences plutôt sinistres. On est en pleine fabrication d'une race de clones consentants, véhiculant un idéal illusoire de bonheur et de réussite.
Alors pour vous aérer la tête et renouer avec la beauté du volume sophistiqué et glamour, allez voir l'exposition sur l'oeuvre de Tamara Lempicka à Boulogne. Devant ces femmes langoureuses et charnues, on se dit que, vraiment, il ne peut pas y avoir de plaisir de la chair sans chair. Et pour atteindre la légèreté de l'être, qui libère le corps, il faut savoir cultiver l'abandon, qui n'a jamais rimé avec restriction.