30 mai 2006
Il y a vingt ans
Qu'on soit mélomane, musicien, simple consommateur de l'industrie du CD, auditeur radio, passif ou averti, la musique nous accompagne partout. Nous portons même certains airs définitivement imprimés en nous, devenus notre capital culturel plus ou moins conscient et choisi. Pour ma part, je n'écoute peut-être pas trés bien car la musique doit avant tout me servir: à se concentrer, s'inspirer, se booster, écrire, lire ou ne pas penser. Une seule a un réel pouvoir d'évocation pour un lieu bien précis, celle de "Johnny et Mary" de Robert Palmer. Je n'ai jamais fait attention aux paroles et je ne veux pas les savoir. Pour moi, cette chanson c'est une route qui longe indéfiniment la côte, dans la chaleur et l'éblouissement d'une fin de journée d'été, c'est l'odeur du soleil sur la peau et du sable dans les cheveux, c'est le sky brûlant, le bercement tranquille de la voiture qui prolonge le mouvement des vagues dans le corps. C'est un road movie sans fin, le vent chaud sur la figure et du doré plein les yeux.
28 mai 2006
Impression poudrée

( aire de lancement des planeurs de Vauville, Manche)
Quand tout va bien, quand on s'entend à merveille, on n'a, en apparence, aucune raison de rompre. Pourtant... Loin de l'idée de fuite ou d'évitement, certaines situations, qu'on aimerait vivre pleinement, méritent d'être mises entre parenthèses. Car leur délicatesse, comme les ailes de papillons dont la poudre tombe au moindre contact, fait qu'on ne peut les approcher qu'avec les yeux.
26 mai 2006
Y'a des jours comme ça

( la digue de Collignon près de Cherbourg, Manche)
Qui n'a pas lu, un jour, son horoscope, en souhaitant faire coïncider le déroulement de sa journée avec un pronostic optimiste ? "La chance est au rendez-vous", "Vous allez rencontrer l'âme soeur", "Des changements en vue", "Journée déterminante", "Vous allez vous révèler". Et zou, on espère qu'il y a un peu de vrai dans tout ça, quitte à s'arranger avec la réalité pour la faire cadrer avec ces quelques lignes impersonnelles. L'horoscope que je préfère c'est celui que je lis parfois avec l'un de mes collégues. Il est six heure du matin, on est seul dans les locaux de la boîte et comme on est né le même jour, on est curieux de voir ce qui va nous tomber simultanément sur la tronche. Alors quand on trouve l'inévitable: "Attention, journée conflictuelle avec vos collégues", on se marre comme des baleines. Y'a pas à dire, quand on est de bonne humeur et que tout roule, c'est franchement drôle, l'horoscope.
24 mai 2006
Voyage dans la poussière

( le port Racine, Manche, plus petit port de France )
J'ai participé à un camp de fouilles archéologiques à quelques pas de là, sur un espace terreux coincé entre les rochers. C'était un foyer datant du Moustérien, plein de silex et d'éclats de pierres taillées. J'avais dû mentir sur mon âge, haussant mes seize ans aux dix-huit réglementaires pour me faire accepter dans ce groupe d'étude. Je ne savais pas ce que je venais y chercher, poussée par une envie irrésistible d'autre chose. J'ignorais tout de la remontée dans le temps dans la poussière, en grattant la terre centimètre par centimètre. J'ai appris le relevé du site au cordeau le soir, le lent dégagement des pièces à la brosse, la poussière avalée tout le long de la journée sous un ciel d'été, avec la mer à quelques mètres qu'on ne regardait pas, trop absorbés par ces fragments de pierres qui sortaient de l'oubli pour raconter l'Histoire. Patience et méthode. Et c'est le nez au ras du sol, à enlever successivement des couches de terre que j'ai compris ce que signifie le Temps, celui des strates accumulées qui avaient figé presque éternellement la trace des premiers hommes. L'archéologie tient de la chasse aux trésors, avec son côté profanateur qui vient détruire la gangue protectrice si lentement construite. Ici le trésor principal était le racloir, pièce maîtresse du site. Et j'ai trouvé le mien, à la tranche transparente et magnifiquement dentelée, qui me remplissait la main comme prêt à l'ouvrage.
22 mai 2006
Les rencontres imprévues
Je marchais en cherchant l'inspiration pour mon nouveau roman lorsque j'aperçus, sous le couvert des arbres du jardin des Tuileries, la silhouette titanesque d'un troll égaré quémandant l'attention d'une femme indifférente.
J'étais déjà passée par là sans voir, dans cette sculpture, autre chose qu'une vague masse informe. Un angle, une disposition d'esprit, une attente et tout devient différent. Nos inclinaisons donnent à nos rencontres de hasard l'apparence de nos désirs. Nous voyons ce que nous avons envie de voir et l'on reste surpris de toujours nager dans les mêmes eaux. Ne rien projeter, ne rien souhaiter est le meilleur moyen pour trouver les chemins de traverses qui mènent enfin à de nouveaux paysages.
18 mai 2006
Toujours plus loin
Manque de perspective et le ciel s'assombrit. Je creuse dans le temps, la matière et les idées afin de dégager un nouvel horizon, car rien ne vaut la promesse d'une belle envolée. Mais elle se mérite et la bougresse rechigne encore au grand jour.
16 mai 2006
Le secret de la pluie en Normandie

( tournage au Cap de Goury, Manche, le 05/05/06)
Je ne pouvais pas laisser passer une occasion pareille ! Voici la preuve en image de la raison de la pluie en Normandie ! Les pompiers ! Par un temps à attraper des coups de soleil, ils étaient de connivence avec une équipe de tournage pour faire croire qu'il pleut toujours là-bas. Comme cela a déjà été le cas pour les fameux "Parapluies de Cherbourg" de Jacques Demy.
14 mai 2006
En passant
Souvenir des petits matins d'hiver, sur le chemin du lycée. Je regardais en passant, derrière les rideaux des cuisines, sous l'éclairage cru des néons, les familles prenant leurs petits déjeuners, se préparant à partir, toutes ses vies qui s'apprêtaient en même temps. Et le soir, ces mêmes familles qui s'attablaient devant la lumière bleue des télévisions. La régularité de ces scènes avait quelque chose de rassurant, d'universel, comme si rien ne devait jamais changer. Curieusement j'avais à la fois envie d'habiter dans toutes ces maisons et de partir, déjà, pour aller voir si c'était pareil ailleurs. Aujourd'hui j'aimerai aller voir ailleurs si j'y suis.
12 mai 2006
"On va voir les vaches ?"

( La Cowparade à Paris. La vache de Chantal Thomass, avenue François 1er)
Quand je reviens de Normandie il me faut toujours un temps de réadaptation à Paris. Réapprendre à marcher dans la rue sans se faire halpaguer, à se faufiler sans heurt dans une foule, à respirer sans y penser les émanations du métro, des voitures, des poubelles et des gens parfois. Composer avec le meilleur et le pire pour se dire, finalement, qu'on pourrait être plus mal ailleurs. Mais cette fois deux éléments m'ont aidé à sortir de ma tanière: le beau temps et les vaches.
Heureux mariage que ce défilé de vaches multicolores éparpillées dans les rues de Paris sous un soleil enfin bien réel. Cette Cowparade est une manifestation d'art contemporain qui a plusieurs mérites: elle est internationale et collective, elle fait descendre l'art contemporain de son piédestal en le rendant abordable, c'est gratuit et rigolo. Bon, l'aspect art contemporain vole plutôt aux ras des paquerettes, car la plupart des oeuvres ne dépasse pas le stade de l'objet décoratif, mais ces autres mérites suffisent à fermer les yeux : c'est fun, sympathique et désintéressé puisque l'argent de la mise aux enchères finale ira à l’Africa Alive Foundation, qui se bat contre la malnutrition et le SIDA en Afrique, et pour le Programme Alimentaire Mondial.
En deux heures de marche j'ai donc croisé la route de 31 vaches, debout, couchées ou broutant. Il a fallu louvoyer entre les motos et les scooters garées jusque dans leurs pattes, le mobilier urbain envahissant, les ouvriers, les collectionneurs du rond point des Champs Elysées et les badauds qui s'arrêtaient pour tailler le bout de gras en s'appuyant presque sur leurs flans. J'ai négocié mon temps de pose avec la mamie dubitative armée de son argentique, le professionnel, plus lent, avec tout son matériel, les touristes qui se marraient et beaucoup de parisiens venus consciencieusement, comme dans une salle d'exposition, faire le tour de chaque vache et lire chaque notice associée. Et si j'ai retenu celle de Chantal Thomass, installée dans la rue des grands noms de la couture, c'est parce qu'au moment où je prenais la photo, une jeune femme bien habillée est passée est disant "C'est une honte, vraiment!". J'en ai déduit qu'elle devait porter ce genre de dessous et qu'en voir une vache affublée la perturbait grandement. Moi je l'aime bien, cette petite vache déjà abimée par d'autres mal-pensant, c'est l'une des plus fantaisistes que j'ai vue aujourd'hui. Mais il m'en reste encore plus de 120 à trouver.
plus d'infos sur: http://www.vach-art.fr
10 mai 2006
Tourner la page

( "Au bord de l'eau", huile sur toile 80 X 60)
Afin de boucler le chapitre concernant la peinture, j'ai mis à jour et complété les albums. J'aurai dû faire un site à part pour l'ensemble de mon travail, mais l'aspect technique, surtout pour tout ce qui concerne internet, me devenant insupportable, le blog me suffit actuellement. Et puis cela vous évitera d'aller voir ailleurs et de vous perdre en cours de route.








